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les petits plaisirs de la vie

Les 400 coups au réveillon


Les 400 Coups

J’ai réservé au restaurant Les 400 coups pour fêter le passage à 2013, les yeux fermés. Je savais que je faisais le bon choix car j’ai toujours été emballée par leurs créations. Les chefs Marc-André Jetté et Patrice Demers nous ont réservé toute une fête pour les papilles gustatives pour la nouvelle année. Ce sont de véritables artistes culinaires; combinaison audacieuse, jeu de texture, présentation soignée un brin fantaisiste, rien n’est laissé au hasard, une orchestration féérique et un service agréable toujours bien dosé, vous aurez compris que je suis une fan inconditionnelle.

Et non, pas de photos car elles n’auraient pas rendu justice à leurs oeuvres.

Nous avons débuté avec les amuse-bouches, d’abord un petit chou au foie gras garni d’une goutte de gelée d’airelles puis  une mousseline d’oeuf présentée dans sa coquille avec des dés de topinambours marinés, parsemée de miettes de peau de volaille. Un spectacle pour l’oeil et un ravissement pour le palais. Jeu de texture intéressante et combinaison délicieuse. Ça débute très bien la soirée.

Premier service d’inspiration japonaise, une Gelée d’huîtres garnie de crevettes rouges, concombre, wasabi frais et kinomé. Une herbe aromatique que j’ai découverte, légèrement poivrée et fraîche, un peu comme la menthe. Cette entrée rafraîchissante et fine était accompagnée d’un sauvignon, La Rupture, Domaine Turner Pageot 2010. Ce vin rond en bouche a une finale minérale qui laisse comme une traînée de fumée, appelée par les sommeliers arômes de pierre à fusil, très agréable pour un vin atypique. Il  provient du Languedoc, une région où ne se cultive pas le sauvignon comme nous l’a expliqué le serveur.

Le deuxième service s’est poursuivi sur le même thème avec de fines tranches de Hamachi, un poisson blanc qui m’était inconnu zébré de nervures rouge et servi cru, couronné de daïkon braisé, de fines tranches de betteraves chiooggia croquantes, mayonnaise de yuzu, le tout parsemé de pousses et saupoudré de bootarga d’oursin. Il s’agit d’oursin séché et râpé. Fabuleux! Mon conjoint qui n’est pas un adepte de sushi, ni de tartare a vraiment appécié ce plat assorti à un Sancerre, Clos du Beaujeu, Gérard Boulay 2009, qui possède des notes d’agrumes ayant une belle acidité mais légèrement astringent cependant parfait avec le poisson. Des deux sauvignons qui nous ont été servis, c’est La rupture qui  m’a le plus plu.

Troisième service sur le thème terre/mer, pince et morceau de queue de Homard savamment déposés sur un ravioli de ris de veau décorés de salsifis caramélisés. Tout simplement grisant.  J’ai raffolé de ce duo bien équilibré en saveurs harmonisé à un Pinot noir, Mercurey 1er cru, La Chassière, Philippse Garrey 2009. Un véritable effet de velours en bouche par sa longueur et ses arômes de fruits rouges. Mon coup de coeur.

Quatrième service, le plat de résistance, un Magret de canard, servi avec une purée onctueuse de racine de persil, une fricassée de crosnes* et champignons délicats et une purée de dattes au café d’une grande synergie aromatique avec le canard. Ici on sort des sentiers battus. Ce plat  était accompagné d’un Syrah, St-Joseph, Terres d’encre, Domaine Georges Vernay 2010, tanique et puissant avec des arômes de fruits noirs.

Le cinquième service un Granité au litchi cachait un crémeux yaourt de chocolat blanc, suprêmes de pamplemousse, Campari et fleurs. Divin, nous étions au septième ciel, la conversation s’est arrêté souvent pendant le repas mais là, plus un mot. Nous savourions  de la pointe de la cuillère pour étirer le plaisir au maximum.

Le sixième service une Mousse au chocolat Otucan**  constellée de pacanes au miel de sarrasin, perle de mousseline de truffe, pavé de meringue, sorbet à la poire, l’ensemble parsemée de truffe noire rapêe était délectable. Ce dessert était jumelé à un vin de miel liquoreux, Cuvée de la Diable, Desrochers D, un hydromel moelleux et puissant.

À minuit, chapeaux, plumes et cotillons se sont retrouvés sur les tables au grand plaisir des clients qui s’en sont donnés à coeur joie.

Une soirée inoubliable qui commence l’année du bon pied.

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* Un tubercule minuscule originaire du Japon, un légume oublié,  au goût fin et sucré se rapprochant de l’artichaut et du salsifis.

** Fèves de chocolat noir grand cru, amer et cacaoté, Origine Venezuela.

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