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les petits plaisirs de la vie

Coteau Rouge, le film et un portrait du réalisateur


Coteau Rouge est une fable moderne et fantaisiste du cinéaste André Forcier. Il  a ouvert le 35e Festival des films du monde de Montréal avec son film qui est en salle depuis le 9 septembre. Ce cinéaste produit des films d’auteur depuis 45 ans avec cette signature qui lui est propre, des histoires qui oscillent entre la fantaisie et le fantastique, ponctuées d’un humour acerbe. Galerie de personnages extravagants et attachants, situations rocambolesques, poésie baroque, regards sur la société québécoise, sont les traits de ce cinéma fait pour surprendre, voire déstabiliser tout en divertissant les cinéphiles car Forcier est un conteur. Cette fois, le tandem André Forcier et Linda Pinet s’adressent à un public plus large comme ils m’ont confié lors de notre rencontre.

Ils racontent l’histoire d’un clan, les Blanchard, une famille installée sur la rive-sud dans Coteau Rouge, un quartier ouvrier . L’aïeul de ce clan (Paolo Noël) est un ancien vidangeur de cadavres. Le fils (Gaston Lepage) partage son existence entre son gaz-bar et ses tournois de pétanque. Sa fille (Céline Bonnier) vit avec un promoteur immobilier véreux (Roy Dupuis) qui tente de faire mains basses sur les propriétés ouvrières du quartier pour les transformer en condos chics. Ce couple de nouveaux riches attendent un enfant d’une mère porteuse. Le fils (Mario Saint-Amand) accompagne sa femme dans les derniers jours de sa vie. Cette comédie dramatique est à la fois une fable sur les valeurs familiales et une critique sociale qui dénonce une société à la dérive.

Depuis Je me souviens, André Forcier co-scénarise et produit avec sa collaboratrice Linda Pinet des films à petits budgets. Cinéaste indépendant, il m’avoue que le couteau est à double tranchant ce qui l’oblige à réduire le temps de tournage et le nombre de personnages de ses scénarios. Cependant, il conserve la  flexibilité nécessaire pour obtenir un produit fini qui correspond à ses standards de qualité, ce qu’il n’a pas toujours pu faire avec un producteur externe. Le charcutage du film Les États-Unis d’Albert lui laisse d’ailleurs un goût amer. Des choix difficiles se sont imposés. Il admet avoir la chance de bénéficier du support d’une famille cinématographique composée de grands noms du cinéma québécois qui se sont attachés à son style cinématographique et qui n’hésite pas à réduire leurs cachets au minimum syndical pour participer à ses films.

Mais qui de mieux que l’auteur pour décrire son travail et quelques extraits de sa filmographie.

André Forcier m’a raconté avoir découvert le cinéma pendant son cours classique à l’Externat de Longueuil avec Pierre Vallières journaliste et écrivain qui était à cette époque professeur. Son premier court métrage, La mort vue par… a été diffusé à la télévision de Radio-Canada. Il est alors remarqué par Gilles Carle qui l’encourage dans cette voie. La piqûre, il confie l’avoir eu avec ce film présenté au Pavillon de la Jeunesse à l’Exposition universelle de Montréal avec la caution morale de Gilles Carle. Après Les chroniques labradoriennes en 1967, André Forcier scénarise et réalise son premier long métrage : Le retour de l’Immaculée Conception.

Par la suite avec la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne qui deviendra l’Office national du film,  il a réalisé le film Bar salon avec lequel il a remporté un prix au Festival de Sorrente, sa carrière est sur les rails.

Night Cap est produit en 1974, un moyen métrage, suivi de L’eau chaude l’eau frette en 1976 avec lequel il s’illustre au Festival international de Chamrousse. Il a réalisé par la suite  Au clair de la lune en 1983, Kalamazoo en 1987 et Une histoire inventée en 1990, son premier succès populaire qui a été primé au Festival des Films du Monde.

Linda Pinet devient sa collaboratrice avec Le vent du Wyoming et La comtesse de Bâton Rouge. En 2002, il tourne sa première série documentaire, Gumb-Oh! Là! Là!, composée de 13 portraits individuels sur les parcours des principales familles françaises de la Louisiane puis il revient au long métrage avec Acapulco Gold  en 2004. Ce film sera retiré des écrans rapidement après une injonction d’Elvis Presley Entreprises. Il réalisera en 2005 Les États-Unis d’Albert puis Je me souviens en 2009.

André Forcier n’en est pas à sa première ouverture de festival, Une Histoire inventée a ouvert La quinzaine des réalisateurs à Cannes en 1991, Le Festival du nouveau cinéma avec la Comtesse de Bâton Rouge en 1997, et Les États-Unis d’Albert au Festival de cinéma des 3 Amériques en 2005.

Coteau Rouge sera présenté en octobre au Festival International du Film de Vancouver, en novembre au Whistler film festival et au Festival de Monse en Belgique cet hiver.

André Forcier a un projet de fiction avec l’Acadie sur lequel il travaille à l’ébauche mais en attendant, je vous suggère Coteau Rouge.

Bon cinéma!

Coteau Rouge est en salle cette semaine dans les cinémas suivants :

Quartier Latin  à Montréal
Spheretech à Montréal
Beaubien  à Montréal
Boucherville à Boucherville
Mégaplex Jacques-Cartier à Longueuil
Mégaplex Pont-Viau  à Laval
Cinéma Le Clap à Québec
Maison du cinéma à Sherbrooke

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